Klaus Barbie : 1987

1987

 Klaus BARBIE était un officier SS, chef de la Gestapo à Lyon entre 1942 et 1944. Il dirige une région qui comprend Lyon, mais aussi le Jura, les Hautes-Alpes et jusqu'à Grenoble. Le 21 juin 1943, Barbie arrête tout un groupe de résistants dont Jean Moulin, le principal chef de la Résistance en France à cette époque, est le leader. Mais Barbie ne comprend pas tout de suite qu'il tient Moulin, il va alors le torturer et ce dernier tombera plus tard dans le coma. Plus tard, en Janvier 1944, Klaus Barbie récidive et arrête 44 enfants juifs qui étaients réfugiés à Izieu. 10 jours après cette arrestation, ces enfants sont réduits en cendres dans les fours crématoires du camp d'extermination d'Auschwitz. Suite à ces événements, il décide de fuir et se réfugie d'abord aux Etats-Unis ou il va être protégé par les services secrets américains au début des années 50. A cette même époque, en France, Barbie est jugé par contumace en 1952 et 1954 pour crime de guerre. Puis celui-ci se retrouve en Bolivie où il va apporter son aide à la dictature du pays. Il change d'identité, prend le nom de Klaus Altmann et obtient la nationalité bolivienne en 1957. En 1972, après une extradition de Barbie réclamée par la France et refusée par le régime bolivien, Serge Klarsfeld et sa femme Beate idientifient Klaus, après l'avoir longtemps traqué. De plus, Ladislas de Hoyos va interviewer Barbie et certains témoins vont reconnaitre le criminel recherché. C'est 10 ans plus tard, lorsque le gouvernement bolivien change, qu'il se fait arrêter et se retrouve dans un avion pour la France. A ce moment là, il croit rentrer en Allemagne. Arrivé en France, c'est un choc pour Barbie. Le procès s'ouvre le 13 mai 1987. Klaus Barbie est alors accusé d'avoir été l'organisateur de la déportation des enfants d'Izieu mais aussi le tortionnaire de Jean Moulin.

Le procès se déroule à Lyon, capitale de la Résistance. Pour la première fois en France, un homme a dû répondre devant une cour d'assises de faits relevant du crime contre l'humanité. Définit comme l'assassinat, l'extermination, la réduction en esclavage, la déportation et tout acte inhumain contre les populations civiles (...). Jacques Verges prend la défense de Barbie. En raison de la présence de nombreux témoins qui retracent toutes les atrocités de Barbie, celui-ci ne se présente plus à la cour d'assises au bout du troisième jour de procès. Cette absence est perçue comme une insulte à la justice. Son avocat va se retrouver, seul, face aux 39 avocats représentant les parties civiles : des anciens déportés juifs, des anciens résistants déportés... Parmi eux Serge Klarsfeld. Ils s'associent alors à une démarche de mémoire afin que les crimes ne soient pas oubliés. Cette mémoire passe par les témoignages des survivants qui tentent de rendre une certaine justice aux morts. Ils permettent aux victimes de délivrer un message sur la barbarie nazie et sur l'horreur de la Shoah. Barbie, pour son ultime défense, déclare : " J'ai combattu la Résistance que je respecte avec dureté. Mais c'était la guerre, et la guerre est finie ".

Le 4 juillet 1987, après 6h d'attente, le verdict est rendu. Klaus Barbie est alors condamné à la réclusion à perpétuité. C'est l'aboutissement de nombreux combats et pour grand nombre d'individus, justice est rendue, malgré les 42 ans qui se sont écoulées entre les faits et la condamnation de Barbie. Ce sont des applaudissements qui répondent à l'annonce de ce verdict. Barbie meurt en prison, d'un cancer du sang, le 25 septembre 1991.

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[Condamnation à perpétuité pour Klaus Barbie]

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