Primo Levi

Primo Levi


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Primo levi, juif italien de naissance, docteur en chimie est emprisonné en 1944 à Monowitz en Pologne ( un des trois camps du complexe concentrationnaire et de mise à mort d' Auschwitz ) où il devient le matricule 174517. Il est affecté dans une usine de caoutchouc au Arbeitslager de la Buna à Monowitz où il obtient grâce à sa formation professionnelle de scientifique un poste relativement priviliégié d'assistant de laboratoire. En 1945, alors qu'il a echappé aux marches de la mort à cause d'une scarlatine qui l'oblige à rester dépérir dans le bloc infirmier du camp, il est libéré par l'Armée Rouge (ancien nom de l'armée russe).


 

Après sa libération en 45, les alliés demandent à Primo Levi de constituer un rapport technique sur le camp d'extermination d'Auschwitz et son fonctionnement, avec l'aide d'un autre déporté. Ce rapport ainsi qu'un brouillon rédigé à l'intérieur même du camp durant sa détention serviront de point de départ pour l'écriture de Si c'est un homme ( Se questo è un uomo en version originale italienne ).

Dans son oeuvre, Primo Levi décrit sans détour la vie dans les camps, les moyens de survie et les méthodes misent en place visant à la déshumanisation totale des déportés. Il considère que Survivre et Témoigner sont inextricablement liés. Le mot-clef « comprendre » est central dans ce livre. Pour l'écriture de Si c'est un homme , l'auteur s'est appuyé sur de nombreux témoignages, et de discussions lors de réunions d'Anciens Déportés. Souffrant d'une dépression liée au syndrome du survivant (culpabilisation...), il se donne la mort le 11 avril 1987.

 Si c'est un homme parait en 1947 à 2500 exemplaires et passe inaperçu, ce n'est que lors de la sortie de son deuxième livre la Trève en 1963 (racontant le voyage accompli par Primo Levi depuis la libération d’Auschwitz jusqu’à son retour à Turin, le 19 octobre 1945) que Primo Levi est remarqué et que Si c'est un homme est enfin reconnu. L'oeuvre de Primo Levi fut traduite en allemand en 1991, soit quarante-quatre ans après sa parution originale, cette traduction à une importance certaine en effet dans Les Naufragés et les Rescapés : Quarante ans après Auschwitz (autre livre de Primo Levi datant de 1986, sous forme d'essai ), Primo Levi écrit : « Il ne s'agissait pas, en quelque sorte, d'une traduction, mais plutôt d'une restauration : la sienne était, où je voulais qu'elle fût, une restitutio in pristinum, une retraduction, un retour à la langue dans laquelle les faits s'étaient produits et qui était la leur. Ce devait être, plus qu'un livre, une bande de magnétophone. » La France quand à elle cherchant à minimiser son implication dans le Génocide de la communauté Juive ne permit une traduction française qu'à partir de 1987.

 

 

Poeme apparaissant au début de l'oeuvre " Si c'est un homme" :

 Version originale (Italien)

 Voi che vivete sicuri

Nelle vostre tiepide case,

voi che trovate tornando a sera

Il cibo caldo e visi amici:

Considerate se questo è un uomo

Che lavora nel fango

Che non conosce pace

Che lotta per un pezzo di pane

Che muore per un sì o per un no.

Considerate se questa è una donna,

Senza capelli e senza nome

Senza più forza di ricordare

Vuoti gli occhi e freddo il grembo

Come una rana d'inverno.

Meditate che questo è stato:

Vi comando queste parole.

Scolpitele nel vostro cuore

Stando in casa andando per via,

Coricandovi alzandovi;

Ripetetele ai vostri figli.

O vi si sfaccia la casa,

La malattia vi impedisca,

I vostri nati torcano il viso da voi.

 

Version Française

Vous qui vivez en toute quiétude

Bien au chaud dans vos maisons,

Vous qui trouvez le soir en rentrant

La table mise et des visages amis,

Considérez si c'est un homme

Que celui qui peine dans la boue,

Qui ne connaît pas de repos,

Qui se bat pour un quignon de pain,

Qui meurt pour un oui pour un non.

Considérez si c'est une femme

Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux

Et jusqu'à la force de se souvenir

Les yeux vides et le sein froid

Comme une grenouille en hiver.

N'oubliez pas que cela fut,

Non, ne l'oubliez pas :

Gravez ces mots dans votre cœur,

Pensez-y chez vous, dans la rue,

En vous couchant, en vous levant ;

Répétez-les à vos enfants,

Ou que votre maison s'écroule,

Que la maladie vous accable,

Que vos enfants se détournent de vous.

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