Le chagrin et la pitié : 1971

Le Chagrin et la pitié

Le Chagrin et la Pitié, réalisé par Marcel Ophuls, est un documentaire sur la vie quotidienne à Clermont-Ferrand pendant l’Occupation. Il montre que la grande majorité des habitants était tout simplement passifs et brise ainsi le "mythe résistancialiste" établi par Charles de Gaulle depuis 1945. Ophüls multiplie les points de vue en presentant des collaborateurs et des résistants anonymes. Ainsi cette vision laisse de côté les icones de la Résistance comme Jean Moulin pour accorder le premier rôle aux témoignages. Cependant ce procédé fut l'objet de critiques car il méle sans distinction mémoire et histoire, selon Alfredd Fabre-Luce : "on ne rend pas compte d'une situation moyenne par la juxtaposition symétrique de cas extremes".

Ophüls entra en conflit avec la télévision en 1971, juste apres le mandat de Valery Giscard d'Estaing, lui meme originaire de Clermont-Ferrand. L'Etat, étant le protecteur de la mémoire officielle et le propriétaire des deux seuls chaines deux télévision existantes, cherche à tout prix à stopper l'engouement crée par le film. Ce dernier est diffusé en Allemagne, en Suisse, aux Etats-Unis, aux Pays-Bas mais l’ORTF ( Ofiice de Radiodiffusion de la Télévision francaise)   refuse de le diffuser car "le film détruit les mythes dont les Français ont encore besoin". Projeté dans les petites salles parisiennes , la promotion du film du se faire par bouche à oreilles, il sera vu par 600 000 spectateurs en 87 semaines de diffusion ininterrompue. Il apparait pour la première fois à la télévision après l'arrivée de Mitterand au pouvoir en 1981 devant 15 millions de téléspectateurs.         

Le Chagrin et la pitité dénonce  le fossé qui s'est crée entre une génération traumatisé, ayant connu la guerre, et une autre qui cherche des réponses à ses interrogations. Ce film qui fut l'un des précurseurs du reveil de cette mémoire en France apparait en définitive comme un documentaire sur la memoire de l'occupation.

Réception

Simone Veil (page 2) s'opposa à la diffusion du film, dans son livre Une Vie, elle y critique sa pertinence et pense qu'il ne reflète pas du tout la réalité de l'époque. Paradoxalement, les plus vives critiques viennent des personnes ayant vecus la période, s'etant toujours battu pour la liberté, ils prennent mal le fait que ce film met en scene un peuple francais totalement attentiste.

Le film a connu un grand succès en France mais également aux Etats-Unis, il sera nommé aux Oscars dans la catégorie du meilleur film documentaire. Marcel Ophuls remportera le prix 17 ans plus tard avec Hotel Terminus : Klaus Barbie , sa vie et son temps . Certains cinéaste americains ont également fait des références au film, notamment dans Annie Hall, de Woody Allen, dans lequel une séquence  se déroule dans une salle de cinéma qui projette le film, en anglais, The Sorrow an the Pity.

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